+ Elle court. Pour rien, elle court. +

+ Elle court. Pour rien, elle court. +
Elle court. Sans retenue, elle court, elle dérape, elle s'achève, lentement, à petit feu, tout ça, comme ça.

Pour rien.

Elle court. Où?
A sa perte, dans des bras inconnus, dans les bras de Morphée, dans les bras de morphine? Elle n'en sait pas plus que vous, vous savez. Tout ce qu'elle sait, c'est qu'elle court, sans jamais bouger.

Pour rien.

C'est un rituel quotidien.

C'est le rush de l'après-midi, du matin, du temps qui passe. Il faut bien cela pour tenir : quelques sourires, deux-trois masques échangés - et hop ! - la voilà repartie. Sur le comptoir de ses songes, quelques gélules qui trainent encore, mal rangées, comme elle. Elle court.

Pour rien.

Il ne vaudrait pas qu'elle se perde, et c'est pourtant son art. Elle a perdu sa boussole, son vegvisir, elle a laissé tomber ses bras contre son corps, le coude douloureux de tant d'injections ratées.

Quel dommage que le manque la fasse trembler.

Mais elle court, quand même. Comme ça, pour rien, en changeant de bras, peu importe la danse, elle s'offre à tout le monde. Elle préfère oublier qu'elle vit : ça lui permet de s'écarter un instant de la réalité, ces petits moments douloureux où elle se lave le visage et voit apparaître la première ride qui déforme sa figure de parfaite gravure de mode.

Elle court. Pour rien. Pour tout.

Elle ne veut pas s'en inquiéter, de toute manière, qui la croirait? Elle est encore belle - pour un instant seulement. Elle a de l'argent, vit sa vie à fond, même si elle ne sait plus très bien si elle vit encore ou si elle s'agite dans le vide, sans trop savoir quoi faire.

Et finalement, tout ce qu'elle sait, c'est que de bras en bras, de gélule en gélule, d'injection en injection, c'est qu'elle court vers le même point, le même but, le même lieu, et que, finalement, là-bas, peut-être trouvera-t-elle un peu de calme et de repos...

# Posté le lundi 16 février 2009 15:01

Mi-femme, mi homme

Mi-femme, mi homme
Elle a ... la rondeur de ses hanches, la poitrine accorte. Elle porte des jupes, met des talons, se maquille un peu - à peine -,mêle un peu ses cheveux, a des décolletés plongeants - plus par erreur que pour attirer le chaland.
E
lle a... le caractère affire, butée comme une pierre, furieuse comme une vague. La romantique, aussi. "Rien n'est plus beau qu'un grande douleur", proclamera-t-elle dans un élan soudain.

~O~


I
mpossible de me voir comme une femme. De se voir totalement comme une femme. Ce corps là est beau - oui, je l'aime, mon corps, j'aime ces formes. J'aime les rondeurs des femmes, leur poitrine, leurs jambes, leur ventre. Je me sens parfois plus homme que femme, parfois entre deux, parfois plus femme qu'homme. Je ne joue pas avec des masques : c'est une simplealité.

~O~


Je
suis faite d'Air et de Feu. Ma logique est illogique, parfois, mais elle reste un de mes atouts - et un trait de caractère masculin.
Je
suis faite d'Eau et de Terre. Je ressens les émotions avec, parfois, force et violence.
Je suis faite d'Air et de Feu. Butée, flamboyante, incorrigible, bordélique, créatrice avec abstraction et toricienne, intellectuelle avant tout, se brûlant les ailes, comme ça, voilà tout.
Je
suis d'Eau et de Terre, mais je ne vibre pas par eux, me si je les aime.

~O~


Je suis un tout, un corps de femme, un esprit hermaphrodite, un cri de romantique.

# Posté le lundi 16 février 2009 16:35

? Justice(s) ? What else?

? Justice(s) ? What else?
~ XI ~
~ Major Arcana : Justice ~

Je portais doucement les mains à mes tempes, commençant à les masser. Mais cela faisait mal, et la sensation du frottement du sang contre ma peau était sagable. Seulement, je sentais poindre un violent mal de crâne, peut être par fatigue, peut être juste par ennui. Car elle m'ennuyait, elle et ses convictions trop modernes, elle et ses idées futiles d'amour sauveur. L'amour, ça ne sauve pas. Ça vous écrase juste lamentablement, quand il n'y a que cela, quand c'est tout seul. L'amour seul est injuste. Mourir par amou? La belle connerie. Tout le monde sait que ceux qui meurent par amour préféraient souvent la Mort à Bien-Aimé. Il faut dire que la Mort a ses atouts...
-M
ais, vois-tu, j'aurais préféré que rien n'arrive. Cela aurait é plus simple.
-Quand rien n'arrive, il ne sert alors à rien de vivre, fis-je, mordante. Vivre, c'est se battre, tuer le re, assassiner la re, pour se sentir peut être libre, et, finalement, se rendre compte qu'on les a juste garder dans son cœur, et c'était peut être mieux. Il faut tuer pour vivre, tuer les ies pour en trouver de meilleures. Il faut tuer pour vivre. Et il faut vivre pour mourir.

Extrait d'une de mes nouvelles, Justice(s).
Artwork : http://wolfmorphine.deviantart.com
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# Posté le vendredi 27 février 2009 14:57

Modifié le vendredi 27 février 2009 15:41

Il faut voir | Dirai-t-il | Ange mutilé et Grise demoiselle

Il faut voir | Dirai-t-il | Ange mutilé et Grise demoiselle
Vois! Vois!

C'est un cri qui déchire la frange incertaine de la nuit ; n'y voyant plus rien d'autre qu'une plaie de lumière, je m'avance, je titube, incertaine ; malade. Je suis aveugle de lumière, aveuglée d'un éclair, et rien ne me guide sur la route que des mots incertains, fous, d'un être impalpable qui se dresse à mes côtés.

Vois! Vois!

Qu'y a-t-il à voir? Les décombres du passé, qui commencent à cicatriser, me murmure-t-il, mais je ne vois toujours pas. Je sens, le sens, moi qui ai cessé de jouer avec cette douleur étrange et étrangère. Telle est elle, un tel jeu, une attelle, quelques mots, rien de tel. Une douleur. Une page tournée, une page écrite, se déroulant en runes sur la Toile des Vierges.

Vois! Vois!

Car il me faut voir ; il faut voir, il le dit, il l'hurle, et je l'entends, avant de sourire. Il faut voir que ma force est ma faiblesse, ma force naquit de ma faiblesse ; mécanisme de défense qui transpercé, laisse de longues plaies. Mais tout guérit, par la mort ou par la vie.
Tout guérit. Des ailes mutilées déployées au-dessus de sa protégée ou des mots laissés sans mots, des silences et des chemins. Il faut voir, il me faut voir.
Il faut voir que tout guérit.

Vois, demoiselle, vois, et contemple ton renouveau.

Sa voix est un murmure ; mon sourire une fleur.



Dessin fait par mes propres soins ; ne pas utiliser sans me demander la permission avant

# Posté le vendredi 06 mars 2009 03:47

{ Un petit mot d'amour aux rayons de Sunna }

{ Un petit mot d'amour aux rayons de Sunna }
Il n'y a pas, dans le monde, qu'une noirceur puante et poisseuse ; le sang est rouge comme autant de violence et de passion, et le noir est une ombre qui se révèle parfois aussi lumineuse que la lumière.

Marcher entre deux.
Il n'y a que du gris entre deux opposés ; du gris coloré, vif, amer, amène. Du gris de couleur : rouge, bleu, orange, jaune, noir, blanc, vert, qu'importe? Il n'y a que du gris ; une voie intermédiaire.

Je marche ; dans ma tête, peut être, mais je marche. Tente d'avancer sans le faire. Recule, d'un, deux pas, tourne et danse. Je ne sais pas ; qu'importe. Je ne sais plus ; tout cela est grave.

Et quand je vois un rayon de Sunna frapper à ma porte, je souris.

Le printemps est de retour.

# Posté le samedi 21 mars 2009 08:45